Dashcam, assurance et litige en cas d'accident : l'essentiel à savoir

Dashcam, assurance et litige en cas d'accident : l'essentiel à savoir

Vous vous demandez si votre dashcam peut constituer une aide précieuse en cas d'accident ou de différend avec votre assurance ? Découvrez comment exploiter efficacement ses enregistrements, ce que prévoit la loi française et les bonnes pratiques pour que ces vidéos soient acceptées comme preuves.

Comment les assurances utilisent-ils les enregistrements de dashcam ?

Les assureurs acceptent de plus en plus les vidéos de dashcam comme preuves pour déterminer les responsabilités lors d'un accident. Ces enregistrements leur permettent d'analyser précisément les circonstances et de trancher plus facilement les litiges entre conducteurs.

Concrètement, votre assureur peut utiliser ces images pour :

  • Établir la part de responsabilité de chaque partie

  • Prouver un délit de fuite ou des dommages sur parking

  • Accélérer le traitement de votre dossier

Vous n'êtes pas obligé de remettre vos vidéos à l'assureur, mais elles constituent souvent un atout précieux pour votre défense. Attention cependant : seul un juge peut décider si ces images seront recevables en cas de litige judiciaire.

Il est recommandé d'informer votre assureur que vous possédez une dashcam. Certains proposent même des réductions de prime en échange de l'installation d'une caméra, avec l'obligation de communiquer les enregistrements en cas d'accident.

Notez que ces vidéos ne remplacent pas le constat amiable, qui reste la référence officielle pour établir les circonstances de l'accident.

Utiliser une vidéo de dashcam pour une réclamation d'assurance : mode d'emploi

Présenter une vidéo de dashcam à votre assureur demande quelques précautions pour qu'elle soit acceptée comme preuve valable.

Contactez d'abord votre assureur pour signaler l'existence de l'enregistrement lors de votre déclaration de sinistre. Transmettez ensuite le fichier vidéo original, sans modification ni montage. Conservez une copie de sauvegarde et notez les métadonnées (date, heure, lieu) qui doivent correspondre aux circonstances déclarées.

La qualité technique compte : votre vidéo doit être suffisamment nette pour identifier les véhicules et comprendre la séquence d'événements. L'angle de vue doit capturer les éléments pertinents de l'accident. Vérifiez que l'horodatage de votre dashcam soit correct.

Si votre assureur refuse la vidéo, demandez les motifs par écrit. Vous pouvez faire appel à un médiateur d'assurance ou saisir directement un tribunal si le refus vous semble injustifié. En cas de litige persistant, un avocat spécialisé pourra évaluer la recevabilité de votre preuve.

N'oubliez pas d'informer l'autre conducteur de l'existence de l'enregistrement et de lui en fournir une copie si demandée. Cette transparence renforce la crédibilité de votre démarche.

Quelle est la valeur juridique d'une dashcam en France ?

Les enregistrements de dashcam ont une valeur juridique reconnue en France, mais sous conditions strictes.

Devant un tribunal, votre vidéo constitue un élément que le juge peut accepter ou rejeter. En matière pénale, elle sera recevable si elle a été obtenue légalement. En civil, c'est plus nuancé : le juge vérifie si l'élément a été collecté de manière loyale.

La loi française autorise de filmer la voie publique depuis votre véhicule (article 226-1 du Code pénal). Mais attention aux contraintes de vie privée qui peuvent limiter l'usage de vos images en justice.

Interdiction absolue : diffuser les images sur les réseaux sociaux sans flouter visages et plaques d'immatriculation. Les sanctions sont lourdes en cas d'usage non autorisé : jusqu'à 45 000 € d'amende et un an de prison.

En résumé : votre dashcam peut vous aider en justice, mais respectez scrupuleusement les règles de confidentialité.

Porter plainte avec une dashcam : ce que dit la loi

Oui, vous pouvez utiliser votre vidéo de dashcam pour porter plainte. Les tribunaux acceptent ces enregistrements comme preuves, mais sous certaines conditions.

En matière pénale, c'est plus souple. Le juge peut accepter votre vidéo même si elle n'est pas parfaitement conforme au RGPD. Il évaluera simplement sa crédibilité et sa pertinence pour établir les faits.

En revanche, pour une procédure civile, les règles sont plus strictes. Votre vidéo doit respecter la vie privée des personnes filmées. Si vous n'avez pas informé qu'une caméra enregistrait, le tribunal peut refuser la preuve.

Comme nous l'avons vu précédemment, le respect des bonnes pratiques techniques est essentiel. Dans le contexte judiciaire, pensez également à faire constater l'authenticité de votre enregistrement par un huissier si l'affaire est importante.

Important : même si votre vidéo est techniquement "illégale" selon le RGPD, elle peut quand même servir de preuve en justice pénale. Les juges privilégient souvent l'établissement de la vérité sur les questions de forme.

Conseils pratiques pour bien utiliser sa dashcam

Une dashcam mal configurée peut vous faire perdre des preuves cruciales. Voici comment optimiser votre installation.

Choisissez le bon modèle. Optez pour une résolution Full HD (1920x1080) minimum. L'angle de vue doit être d'au moins 140°, idéalement plus de 160° pour couvrir plusieurs voies. Privilégiez les modèles avec G-Sensor : cette fonction sauvegarde automatiquement les vidéos en cas de choc.

Installez-la correctement. Placez votre dashcam au centre du pare-brise, derrière le rétroviseur. Cette position ne gêne pas votre visibilité et respecte le Code de la route. Vérifiez que les câbles n'entravent pas votre conduite.

Vérifiez les réglages essentiels.La date et l'heure doivent apparaître sur les vidéos. Sans ces informations, ils perdent leur valeur probante. Activez l'enregistrement en boucle pour éviter la saturation de la carte mémoire.

Gérez vos fichiers intelligemment. Ne conservez que les vidéos utiles. Supprimez régulièrement les anciens enregistrements pour libérer de l'espace. En cas d'incident, sauvegardez immédiatement la séquence concernée sur un support externe.

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